La voiture électrique

Le véhicule électrique de Renault ZE : L'atomobile.CO2 ?

Après l'énergie positive de BMW, c'est au tour de Renault de promouvoir, au travers d'une publicité faussement écologique, des concepts-cars tout électriques qui ne rejetteraient pas, selon le constructeur, de CO2.

Utilisant un raccourci pour le moins osé entre voiture électrique et véhicule n'émettant pas de CO2, Renault omet de façon bien opportune d'évoquer le bilan carbone du kWh électrique, qui en période de pointe de consommation avoisine les 600 à 900 g/CO2 par kWh.

Pour Agir pour l'Environnement, le véhicule électrique dit "Zéro Emission" est une vue de l'esprit que la publicité transforme en assertion mensongère. Faut-il rappeler que le seul moyen de déplacement réellement sans impact sur le climat est la marche à pied et le vélo. On peut prêter à la voiture électrique des avantages comme la réduction du bruit ou des émissions nocives en milieu urbain mais laisser croire que ces véhicules seraient neutres pour le climat et constitueraient LA solution technologique ultime relève de la malhonnêteté intellectuelle. La motorisation électrique permet d'externaliser - et non de supprimer - les émissions de CO2 ; c'est un transfert de pollutions du conducteur vers le producteur d'électricité.

Pour Agir pour l'Environnement, « Renault semble tentée de cacher sous le tapis ses émissions de CO2 en espérant que personne ne contestera la réalité d'arguments faussement écologiques ». Cette façon de faire déculpabilisera sans doute l'automobiliste tout en verdissant artificiellement l'image du constructeur mais ne règlera en rien le problème climatique. Le véhicule de Renault dit « Zéro émission » consommera entre 25 et 30 kWh au 100 km et rejettera en réalité entre 70 et 200 g/CO2 au km selon la période où les batteries seront rechargées.

Au regard du mix énergétique français qui fait la part belle au nucléaire, le véhicule électrique de Renault peut surtout être considéré comme un véhicule « atomobile », générant ET des déchets nucléaires ET de l'effet de serre. La voiture électrique fait parti de ces fausses-bonnes solutions climatiques qu'une publicité faussement écologique ne saurait légitimer. Et pourtant, « tant que cette forme de mensonge publicitaire ne sera pas réprimée, des campagnes comme celle de Renault entretiendront l'idée selon laquelle de nouvelles illusions technologiques, inoffensive pour les lobbys, sont à même de répondre à l'urgence climatique » conclut APE, pour qui l'autocontrôle de la profession publicitaire autorise ces dérives, sous l'oeil complaisant du gouvernement.

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